Au Sénégal, la transformation artisanale du poisson est une des sous-filières très porteuse dans le secteur de la pêche artisanale. La transformation des produits halieutiques apparaît comme un secteur lucratif pour l’amélioration des conditions de vie des communautés côtières. Le poisson fumé constitue une source importante de protéine, accessible aux ménages à faibles revenus, surtout dans les pays en voie de développement où le prix de la viande demeure hors de portée du consommateur moyen (FAO, 2009). Plus qu’une simple activité de survie, passagère, le fumage du poisson peut être considéré comme un emploi permanent bien rémunéré (Nyebe et al., 2014).

Au Sénégal, l’activité de fumage est généralement occupée par les femmes appartenant à la communauté des pêcheurs établie le long du littoral. Des milliers de femmes et de jeunes filles s’adonnent à cette activité et travaillent dans des conditions très dures à cause de la méthode de fumage traditionnel.

Cette méthode de fumage dans le tas ( à même le sol ) comporte énormément d’inconvénients socio – économiques, sanitaires et environnementaux.

Du point de vue social et sanitaire, les femmes passent beaucoup plus de temps ( 24h environs) sur le site de transformation souvent obligées d’amener leurs enfants avec elles pour pouvoir mieux s’occuper d’eux. En fait ces femmes travaillent dans des conditions d’insécurité totale, sans gangs de protection, ni de masques. Elles sont confrontées très souvent à des maladies pulmonaires ((Infections aiguës des voies respiratoires, asthme) ;
Du point de vue économique, la méthode de fumage utilisée par ces femmes est source d’utilisation massive de combustibles qui représentent des charges énormes en termes d’achats de combustibles comme matières premières. Le mode de fumage ne favorise pas une bonne qualité des produits finis impactant ainsi sur les revenus. Il s’y ajoute un problème de stockage des produits et de circuits de commercialisation.
Du point de vue environnemental, à cause de la fumée qui se dégage sur les sites de production, l’environnement est atteint de tout bord et les populations environnantes en souffrent. Il y’a de fortes pollutions de l’air contribuant à l’émission de gaz à effet de serre.
A tout cela s’ajoute un problème organisationnel et un manque de financement qui puissent permettre aux femmes d’être plus autonome et de pouvoir faire face aux dictats des intermédiaires et/ou des étrangers ( bana bana ).

Les intermédiaires directs ou « bana bana » Ce sont, ceux qui sont en contact permanent avec les femmes transformatrices à travers des protocoles ou contrat de production. Lors de la négociation des ventes, l’intermédiaire est en situation de force et fixe unilatéralement le prix au producteur

Cette négociation n’offre aucune marge de sécurité à ce producteur avec un écart de 50 F au rabais sur les prix courants sur le marché. Malgré la discrimination des prix, la femme transformatrice est tenue de céder afin d’honorer les engagements de crédits vis-à-vis de ce type d’acheteur fidélisant.

Des structures de base sont créées (GIE et autres groupements) mais faute d’appui technique, organisationnel et financier, la majorité de ces structures sont plongées dans la léthargie et subissent les effets d’un marché spéculatif.

Elles contemplent la dégradation de leurs ressources naturelles sans autant développer des initiatives d’envergure pour lutter contre de tels fléaux.

L’absence de moyens financiers se traduit par la fugacité de la dynamique de groupe, la fragilité de la cohésion sociale et la faiblesse du développement organisationnel. Ces pesanteurs représentent des défis à relever par le développement des appuis financiers autour des leviers d’impulsion des activités de transformation.

Dans l’optique d’apporter des réponses appropriées à ces défis majeurs, ASI a proposé : « le Projet d’Appui à l’Autonomisation Economique des Femmes Transformatrices de Produits Halieutiques à travers l’Efficacité énergétique » PAAEF dont la phase pilote a été réalisée dans la ville de Bargny au site de production de « Khelcom »

Les problématiques majeures que cherchent à résoudre le projet
Quelques problématiques auxquelles s’intéresse le projet sont repérables à 3 niveaux :

La construction d’infrastructures modernes ( fours améliorés, séchoirs solaires, magasins de stockage) dans les sites de fumage de poissons pour soulager les femmes

Le Sénégal, à l’instar des autres pays sous développés est fortement secoué par les changements climatiques dont les effets se manifestent quasiment dans tous les secteurs de développement. Il s’y ajoute des phénomènes liés à la variabilité climatique comme l’érosion côtière, la baisse de la pluviométrie, les inondations, la salinisation des terres provoquant drastiquement la réduction des surfaces cultivables.

Toutes ces conséquences néfastes des changements climatiques pèsent lourdement sur notre économie et compromettent sérieusement notre avenir. Ces conséquences ne sont pas seulement le fait de la nature mais aussi de l’homme qui a une part de responsabilité.

Cette situation appelle tous les pays touchés par les effets des changements climatiques à la mobilisation pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

C’est dans ce cadre que le Sénégal s’est doté de documents de politiques publiques nationales pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et faire face aux impacts néfastes des changements climatiques. Il s’agit du plan national d’adaptation au changement climatique qui vise à :

réduire la vulnérabilité aux impacts des changements climatique en développant des capacités d’adaptation et de résilience ;
faciliter l’intégration de l’adoption aux changements climatiques de manière cohérente dans des politiques et stratégies de développement actuel ou à venir ;
de la Contribution déterminée au niveau national(CDN) du Sénégal qui traduit la forte volonté du gouvernement à atténuer les émissions des GES dans les secteur tels que l’énergie et l’industrie qui contribuent le plus aux émissions de CO2 enregistrées au niveau national.

Malgré, toutes ces initiatives entreprises par l’Etat du Sénégal pour faire face aux effets des changements climatiques, il est à noter qu’il existe des limites, parmi celles-ci on peut citer le manque de ressources nécessaires pour la réalisation des politiques publiques en matière de lutte contre les changements climatiques et le faible niveau d’information et de sensibilisation chez les populations par rapport à la problématique du changement climatique.

Ainsi, une étude commanditée par le Comité de pilotage de la COP 22 tenue au Maroc et réalisée dans le cadre de cet évènement, révèle que l’école africaine n’assure pas son rôle d’informateur sur le changement climatique puisque seuls 13% des jeunes interrogés disent avoir été sensibilisés à la lutte contre le réchauffement climatique dans le cadre scolaire ou universitaire et pourtant près de 86% des jeunes subissent les conséquences du réchauffement climatique.

En effet, plus de 65% de la population Sénégalaise ont moins de 25 ans et fréquentent pour l’essentiel les écoles et les universités selon les données de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie en 2013 (ANSD). Les jeunes constituent une franche importante de la population et forment un potentiel humain indispensable pour soutenir le développement et ont besoin de savoir et d’agir.

Cette insuffisance de prise en compte de la sensibilisation, de l’information et de la communication sur les questions liées au changement climatique dans le système de l’éducation et de la formation entrave de façon considérable le changement de comportements des citoyens qui est un des leviers essentiels de lutte contre les changements climatiques.

Par conséquent, les jeunes ne sont ni informés, ni impliqués et ils ont un rôle important à jouer dans la mise en œuvre car, il s’agit de leur avenir.

Parmi les voies préconisées pour lutter contre les menaces et les effets néfastes du changement climatique, l’éducation environnementale parait comme une priorité pour la préservation du système climatique dans l’intérêt des générations présentes et futures basées sur l’équité et le genre.

De ce fait, la loi n°2001-01du 15 janvier 2001 portant code de l’environnement sénégalais fait de l’éducation environnementale une priorité nationale en ces termes « la lutte contre les effets adverses du changement climatique, la réduction des gaz à effet de serre ainsi que la prévention des catastrophes ou événements extrêmes liés au climat sont reconnues comme priorités nationales ».

Fort de ce constat, l’Organisation Action Solidaire entend contribuer à relever le défi lié au déficit de communication, d’information, de mobilisation et de sensibilisation des jeunes sur le concept et les enjeux liés au changement climatique. Pour ce faire, elle a initié le Projet Clubs Changement Climatique communément appelé « Projet 3C ».

Objectif général
Le projet vise à informer, former et sensibiliser les jeunes sur les enjeux environnementaux, de développement durable et des changements climatiques pour mieux promouvoir l’écocitoyenneté et l’éco responsabilité au sein de leurs communautés.

Objectifs spécifiques
Impulser une dynamique de changement de comportement plus large favorable à la lutte contre le changement climatique ;
Influencer les politiques publiques en matière de lutte contre le réchauffement climatique ;
Promouvoir l’intégration de la problématique des changements climatiques dans le système d’éducation et de formation ;
Stratégie de mise en œuvre
La première étape du projet consiste à valider:

le contenu de l’éducation environnementale ou des axes de formation proprement parlés avec les structures concernées comme le COMNACC ( Comité National sur les Changements Climatiques ), la Grande Muraille Verte, les Eaux et Forêts, les ministères de l’environnement et du développement durable, de l’énergie et des énergies renouvelables, de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieure , de la cellule d’éducation et formation environnementale du ministère de l’environnement, et l’unité de coordination, l’ANACIM et de la gestion des déchets solides.

Des conventions de partenariat seront élaborées et signées avec les partenaires impliqués dans le projet tels que les ministères de l’éducation, de la formation professionnelles et de l’enseignement supérieur.

La seconde étape consiste à présenter et à partager le projet avec les organisations qui ont des initiatives semblables au niveau local et nationales afin de dégager les synergies

La troisième étape concerne la mise œuvre du projet et se déroule en trois phases sur 12 mois